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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 11:13

Les cafards n’ont pas de roi (The roaches have no king – 1994) – Daniel Evan Weiss, traduit de l’anglais (américain) par Marie-Lise Marlière.

 

Les cafards n'ont pas de roi Daniel Evan WeissUne colonie de cafards prospère depuis des années dans l’appartement new-yorkais de l’avocat Ira Fishblatt et sa compagne, la Gitane, cette dernière ayant une propension à être plutôt désinvolte dans le nettoyage de la cuisine. Mais un soir, une dispute plus grave que les précédentes entraîne le départ de la Gitane. Quelques temps après, elle est remplacée par Ruth. Celle-ci se montre plus soigneuse dans la préparation des repas et pousse Ira à renouveler les meubles de la cuisine. Non seulement la colonie se retrouve alors sevrée de déchets, mais de plus, les placards regorgeant de nourriture deviennent inaccessibles. Nombres, un cafard qui a grandi dans la bibliothèque de Ira (plus précisément dans La Bible), repère un trou à l’arrière de l’un placard qui permettrait à la colonie d’avoir de nouveau accès à sa subsistance. Mais ce trou est obstrué par un rouleau des billets qu’Ira se réserve pour les mauvais jours. Nombres ourdit un plan qui obligerait Ira à déplacer ce rouleau.

 

Ce livre de Weiss se veut une de fable se moquant des comportements des habitants des villes à travers le regard que pose dessus une espèce à l’origine bien plus lointaine dans l’histoire: les cafards. De ce point de vue, c’est une semi réussite.

En effet, les conduites humaines raillées ne sont pas toujours très loin du cliché (les noirs du ghetto par exemple).

Toutefois, par bien des aspects, ce livre fait sourire: ainsi le nom des cafards (Clausewitz, Barberousse, Rosa Luxembourg, Bismark, ...) dont le langage et le comportement sont marqués par la lecture de l’ouvrage dans lequel ils ont débuté leur existence. De même on s’amusera de la description du difficile et humiliant coït entre Nombres (blattella germanica) et une énorme blatte de l'appartement voisin –quatre fois plus haute et trente fois plus lourde- appartenant à une espèce différente (periplaneta americana); de l’audacieuse (tant de la part de Nombres que de l’auteur!) visite nocturne des organes sexuelles de deux femmes endormies (femmes dont malheureusement certaines caractéristiques seront proches à nouveau du cliché: d’un côté la jolie blonde Wasp frigide et corsetée, de l’autre l’intellectuelle juive gironde aux senteurs enivrantes), exploration dont la motivation première de simple "contrôle scientifique" sera vite reléguée au second plan, Nombres s'avérant particulièrement réceptif aux arômes féminins et passant alors d’observateur à acteur efficace. Incidemment, on y apprendra également, entre autres, la réalité sur la disparition des dinosaures (et le rôle décisif tenu par les blattes), comment se repérer dans les égouts de New York grâce aux effluves des déchets culinaires différenciant chaque quartier de la ville, on assistera à un peu de cannibalisme "blattien" et, parmi de nombreuses références bibliques (origine de naissance oblige), on suivra un cafard nommé Exodus en Moïse blattella germanica guidant son peuple vers un pays de lait et de miel.

Quant à la fin du roman, elle révèlera un Nombres transformé par ses aventures et plutôt radical.

Au final, on sort de ce livre d’une plaisante lecture avec un sentiment mitigé: le but satirique ne semble pas parfaitement atteint, mais on aura volontiers souri, outre l’originalité des protagonistes, de beaucoup des nombreuses péripéties hautes en couleurs que traverse l’astucieux Nombres.

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