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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 09:36

L’élite de Brooklyn (Brooklyn’s finest – 2010), un film de Antoine Fuqua, avec Richard Gere, Ethan Hawke, Don Chaedle, Wesley Snipes.

 

L-elite-de-Brooklyn_Antoine-Fuqua.jpegLe film suit trois flics travaillant dans le même district particulièrement violent de Brooklyn: Eddie, un patrouilleur en uniforme à une semaine de la retraite, se voit charger de former les bleus nouvellement incorporés. Il a fait une carrière plutôt minable, sans à-coups ni fait de gloire, encaissant sans broncher; cet introverti peu apprécié de ses collègues vit seul et a des tendances suicidaires. Sal fait partie de la brigade des stups et enchaîne les interventions dans les planques des dealers. Catholique d’origine italienne trimbalant avec lui sa culpabilité, il cherche désespérément du fric pour acheter une maison et quitter le logement minable et insalubre qu’il occupe avec ses trois enfants et sa femme enceinte de jumeaux. Clarence/Tango est un agent infiltré depuis plusieurs années parmi les trafiquants de drogue qui a dû tirer un trait sur sa vie passée, dont la femme, avec qui il n’a plus aucun contact de longue date, demande le divorce, et qui commence à ne plus savoir qui il est ni vers qui doit aller sa loyauté. Tous les trois sont au bord de l’explosion...

 

Derrière un titre peu engageant –et en réalité ironique- se cache un vrai petit bijou de noirceur: on va partager sur quelques jours la vie de trois flics déboussolés, coincés dans leurs contradictions, piégés dans des situations qu’ils ne peuvent plus supporter et dont ils ne savent pas comment s’en sortir; trois flics au bord du gouffre dans un monde où la tension dans les rapports humains est permanente et où la violence peut surgir à tout instant.

La mise en scène de Fuqua, par son montage alterné qui suit en parallèle les trois personnages –qui ne se rencontreront pratiquement jamais-, rend bien cet état de tension, de façon parfois assez maligne (ainsi cette séquence où l’on suit en même temps Eddie intervenant dans un conflit dans une boutique, Sal en pleine descente dans un repère de dealers et Tango confronté à l’exécution d’une balance). En fait, ce film, par son réalisme cru et sa violence sans spectaculaire, semble devoir pas mal aux récentes séries TV, en particulier à The Wire de David Simon (et pas seulement du fait de la présence de Michael Kenneth Williams/Omar au générique).

A noter enfin une séquence finale qui, sur quelques aspects, pourra évoquer un peu la fin du Taxi Driver de Scorsese.

Au total, une réalisation de qualité, une ambiance bien sombre, des acteurs solides à l’interprétation crédible (petit coup de chapeau à Richard Gere), un scénario bien fichu: une bonne surprise pour qui voudrait se plonger deux heures durant dans un vrai bon polar noir.

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