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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 10:54

A l’arrière des berlines, coffret de deux DVD consacré à Alain Bashung

 

A-l-arriere-des-berlines_Alain-Bashung.jpgLe premier DVD reprend des apparitions TV d’Alain Bashung entre 1981 et 2009; ce qui nous vaut, comme on peut s’y attendre, une belle succession de play-back plus que frisant le ridicule (Il faudra un jour rendre un hommage compatissant à tous ces pauvres musiciens qui ont dû, au cours de leur carrière, s’agiter sur des plateaux TV avec leurs instruments débranchés...)

Sur l’ensemble, on pourra s’amuser à y suivre l’évolution du style vestimentaire de Bashung, passant d’une veste + écharpe à paillettes au cuir néo-Vince Taylor version eighties, puis au costar blanc crème à la Bowie avant d’adopter enfin son look Man in black.

Pour ce qui est de la réalisation de ces diverses séquences... Bah! De la télé quoi! Pour le fun, on mettra en avant un "Vertige de l’amour" présentant un Bashung seul au milieu de la piste circulaire d’une espèce de cirque, pantalon peau de serpent et guitare -non branchée évidemment- se démenant au milieu d’un public druckerien.

Dans tout cela, on sauvera tout de même une –vraie- version live de "Je fume pour oublier que tu bois" très Alan Vega; pour rire, un "Stille Nacht" assez hallucinant où Bashung, chemise scintillante au col relevé, chante en allemand avec l’accent anglais, accompagné d’une chorale; un petit blues en duo avec Paul Personne; un bon live de "J’envisage" (particulièrement mal filmé); et une -très belle pour le coup- version de "Angora" interprétée par un Bashung seul à la guitare sèche. A noter que ce survol de carrière fait l’impasse sur "L’imprudence".

Petite parenthèse: cette compilation permet de constater une fois encore (comme si besoin était!) que la plupart des réalisateurs TV (même si quelques heureuses exceptions existent) ne savent pas filmer le rock, se livrant soit à des expérimentations d’effets vidéo pour le moins... euh... étranges (!) (et salement datées années 80), soit, plus tard, succombant à l’insupportable syndrome "pubo-clipesque" qui interdit tout plan d’une durée supérieure à cinq secondes (voire moins), préférant en cela nous donner la nausée plutôt que de prendre le risque de voir le spectateur s’ennuyer avec un long plan fixe (qui pourtant, au contraire, permettrait de focaliser notre attention sur la musique).

Le second DVD est d’abord constitué d’extraits plus consistants d’émissions TV: il débute par un retour à la période "Play Blessures", avec une interview due à l’inénarrable Jacky (no comment !), puis un long extrait de l’émission de Vincent Lamy (no comment !!) "L’écho des Bananes" durant lequel on pourra cependant apprécier quatre morceaux -vraiment- live interprétés dans un style plutôt new wave pas inintéressant.

Ensuite, reprise d'une séquence des "Enfants du Rock" consacrée à l’enregistrement de "Passé le Rio Grande", avec des versions assez classes captées dans un studio londonien de trois ou quatre extraits de l’album au milieu desquels viendra s’intercaler un éthylique et enfumé "Dirty Old Town" en compagnie des Pogues.

Après, les concepteurs du DVD ne se sont plus pris la tête, collant un passage (très beau au demeurant) repiqué à "Confessions Publiques" enchaîné avec trois autres morceaux que l’on trouvait déjà sur "La Tournée des Grands Espaces"... Ca sent le remplissage...

On s’arrêtera quand même sur ce qui suit, les trois extraits de "Bleu Pétrole" joués dans une ambiance sombre, sobre et intimiste, en compagnie du seul Gaétan Roussel à la guitare sèche, avec notamment une version assez émouvante de "Sur un Trapèze".

Le véritable intérêt du DVD, à savoir donner à voir et entendre des interprétations différentes de celles gravées sur les CDs studio, s’arrête là.

Il se termine en effet par la succession d’une douzaine de clips officiels qui, même réalisés par des pointures (J-B Mondino, Jacques Audiard ou Claire Denis), n’en restent pas moins des OFP (Objets Filmiques Promotionnels), même si ici d’une qualité supérieure à ce qu’offre généralement ce type de format. (Bon, aller, on pourra quand même apprécier "Faites Monter" filmé par Claire Denis pour ses gros sur le visage cireux de Bashung).

Finalement, sur près de quatre heures d’images d’archives, (1h52 + 1h56), le butin est bien maigre pour l’amateur de l’œuvre d’Alain Bashung; l’impression d’une compilation-fourre-tout, que l’on regardera (mais re-regardera sans doute pas) en appuyant plus d’une fois sur la touche de sa télécommande pour zapper une séquence avant la fin et passer à l’extrait suivant, et à propos de laquelle on ne pourra s’empêcher de penser que Alain Bashung est décédé en mars 2009 et que ce coffret était déjà disponible en novembre de la même année... hum, hum...

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 10:11

Joy Division (2009), film-documentaire de Grant Gee

 

Joy Division Grant GeeD’emblée, ce film qui retrace la carrière météorique (4 ans d’existence et deux albums studio sous le nom de Joy Division) et pourtant durablement marquante du groupe, le resitue dans son environnement originel: le Manchester de la fin des années 70, c’est-à-dire une ville du nord de l’Angleterre, en pleine désindustrialisation, avec des quartiers misérables qui semblent encore appartenir à la fin du XIXème siècle, des rues où s’alignent des petites maisons toutes semblables accolées les unes aux autres, des terrains vagues, des ruelles sordides où jouent des enfants, une cité couleur gris-usine (Bernard Sumner avoue ainsi n’avoir jamais vu un arbre avant l’âge de 9 ans!). Et la très bonne idée du réalisateur, associer à ces images les premiers morceaux de ce qui deviendra Joy Division, apparaît alors comme une évidence. Oui, c’est de là que vient la musique de Joy Division et c’est de cela qu’elle parle: la douleur/cri de l’individu sur fond de noirceur industrielle.

Le documentaire est ensuite plus traditionnel dans sa forme, alternant interviews actuelles des acteurs de l’époque et images d’archives. Bien sur, au premier rang de ceux racontant Joy Division, on trouve Bernard Sumner, Peter Hook et Stephen Morris, mais aussi Peter Saville, Pete Shelley, Tony Wilson..., multiples mais brèves interventions mêlant anecdotes, analyses et ressentis émotionnels. A mettre en avant celle assez émouvante d’Annick Honoré, qui fut la compagne "non officielle" de Ian Curtis (Déborah, la femme officielle de Ian Curtis n’apparaît pas dans ce documentaire, on n’y lira d'elle que quelques propos retranscrits).

Les images d’archives, parfois inédites, sont elles captivantes. Elles donnent notamment bien sûr à voir le groupe sur scène et donc, surtout, Ian Curtis ; Ian Curtis dont la gestuelle épileptique, la voix ténébreuse, le visage douloureux ne peuvent que fasciner, reléguant ces trois comparses à l’arrière-plan. Et il y a ainsi un moment de gros plan sur ses yeux clairs paraissant déjà regarder l’au-delà qui provoque un réel frisson.

Car, au-delà de l’histoire du groupe, du rôle prépondérant de Martin Hannett dans le son de JD, de la création de Factory, etc..., petit à petit, le film s’attache de plus en plus à la figure prépondérante de Ian Curtis. Et l’on réalise que le chanteur était bien vite en décalage par rapport aux trois autres membres du groupe: alors que ceux-ci laissent parfois sous-entendre qu’ils auraient pu se laisser tenter par quelque chose de l’ordre du poncif "sexe, drugs and rock’n’roll" -particulièrement Peter Hook- (se qualifiant lui-même de petit con d’une vingtaine d’années), Ian Curtis, lui, semble vite à part, jeune homme marié à 19 ans, père d’un enfant, travailleur social impliqué, personnalité "néo-schizophrène"(?) (Sumner évoquant un moment "deux" Ian Curtis aux comportements bien différents), tiraillé entre deux amours, physiquement malade (épilepsie, effectivement). Et quand il parviendra à mettre fin à ses jours, Sumner avouera n’avoir jamais prêté attention aux textes de Curtis!

Le documentaire nous dit finalement que la musique de Joy Division –le plus important, ce qui reste encore aujourd’hui- a été ce qui a placé Manchester dans le monde rock. Sans doute. En tout cas, après la vision de ce très bon film, on n’a qu’une seule envie : aller chercher dans sa discothèque son vieux vinyl de Closer pour le remettre sur la platine.

 

 

Evidemment, on complètera avec bonheur la vision de ce documentaire par celle du biopic Control réalisé par Anton Corbijn .

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 13:40

Seven ages of rock (2007), série de sept émissions pour la BBC - producteur William Naylor, producteur exécutif Michael Poole.

Seven ages of rockVoilà une série d’émissions pas mal pour ceux qui veulent réviser leur histoire du rock. La série se compose de sept parties d’un peu moins d’une heure (hormis la derrière d’une heure trente) constituant, aux yeux des auteurs, sept périodes de l’histoire du rock. Le concept de l’émission repose sur le principe de poser un groupe ou musicien comme représentatif d’une de ces périodes et de s’en servir comme fil rouge. La division est discutable mais n’est pas si idiote, dans le fond. Cela démarre avec "The birth of rock", c’est-à-dire la révolution rock des années 60 basée sur le blues et vue à travers Jimi Hendrix, avec les Stones, The Who, les Beatles, Dylan, Cream ; puis "White light, white heat", soit l’"art rock" et le rock théâtral, les premières expériences de rock multimédia autour de Pink Floyd, avec le Velvet Underground, Roxy Music, David Bowie, Genesis époque P.Gabriel ; "Blank Generation" ou le coup de balai punk, de Londres à New York, autour des Sex Pistols avec The Clash, Buzzcocks, Patti Smith, Ramones, Television; "Never say die", le métal envisagé comme une forme rock résistant au temps, basé sur Black Sabbath, avec Deep Purple, MetallicaIron Maiden, Judas Priest; "We are the champions", ou les groupes remplissant des stades de plus en plus colossaux, avec Queen et aussi Led Zep, Springsteen, Dire Straits, U2, Police (largement la partie la plus faible musicalement) ; "Left of the dial", l’éveil d’un rock alternatif US, Nirvana et également Black Flag, R.E.M., Pixies ; enfin "What the world is waiting for", l’indie britannique, avec autour d’Oasis, The Smiths, The Stone Roses, Suede, Blur, The Libertines, Franz Ferdinand, The Artic Monkeys...

Même si ces émissions sont conçues selon la formule ultra classique commentaire-images d’archives-interviews, on s’y laisse volontiers prendre; parce que les images d’archives réveillent la nostalgie qui sommeille en tout amateur de rock de longue date, parce que les commentaires sont loin d’être idiots et resituent plutôt bien chaque période dans l’évolution du rock (voire parfois, de façon plus vaste, dans son contexte sociologique) et parce que les interventions d’acteurs de l’époque (interventions qui font parfois un brin mal au cœur quand on constate les ravages du temps...) sont pleines d’anecdotes parfois pas mal révélatrices.

Bien sûr, bien sûr, chacun ne manquera pas de s’emporter en beuglant « Mais ils parlent pas de X, Y ou Z!! », groupe sans doute primordial négligé par l’émission. Il est vrai que l’ensemble à un aspect de survol général - avec quelques points de focalisation - et que de plus l’impasse est faite sur des pans entiers du rock (rien ou peu s’en faut sur les pionniers du rock des fifties, rien sur le rock post-punk/new wave du début de eighties, par exemple). On y aborde néanmoins assez intelligemment quelques moments-clefs tels que Woodstock (où l’on voit que les spectateurs partaient durant la prestation d’Hendrix !), Altamont, le concert du Jubilée sur la péniche, le procès de Judas Priest, Band Aid...

Selon son tropisme rock, chacun pourra quant même y voir et entendre de quoi prendre plaisir et y apprendre deux ou trois choses intéressantes ; et y trouvera même peut-être ce qui compte le plus, c’est-à-dire l’envie de découvrir/réécouter quelques bonnes vieilles galettes.


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